Charlotte's stories

Wednesday, October 11, 2006

Je ne veux pas y croire

Quand j’ai croisé en allant prendre mon avion samedi matin, deux personnes que je connaissais dans le tube, je me suis tout d’un coup sentie , comment dire… intégrée.
Vous rencontrez souvent deux personnes connues, dans le métro parisien, vous ? En moins de 10 minutes ?

Quand, dans la foulée, j’ai reçu un appel d’un copain anglais pour un dîner avec ses amis anglais, je me suis dit que, finalement, je ne m’en sortais pas si mal avec les anglais…

Quand, dans la foulée, un mail reçu sur mon crackberry, me conviait à un autre dîner dans un club anglais, ce qui est quant même un must, plutôt que d’aller bêtement au restaurant, mon ego, continua de se sentir plutôt bien.

Finalement, me dis-je l’effet Frenchie-cool fait ses preuves.

Et puis, c’était le club du Commonwealth, Northumberland Avenue, près de Trafalgar square, alors évidemment….

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir ce soir, finalement un endroit bateau – dans tous les sens du terme, même celui de la déco…

Et là, je me suis surprise à être déçue, alors qu’il y a quelque temps, j’aurais donné cher, pour être invitée dans un club anglais.

Je me suis mise à rêver de lambris et de dorures, comme ceux du Royal Automobile Club, où je venais de passer mon lunch d’anniversaire Vendredi dernier…

Alors, voilà, Madame, est en manque de dorures, de fastes, d’accès privilégiés vraiment privilégiés ?

Madame, ne se suffirait elle plus de choses accessibles au commun des mortels ?

Madame, ne serait elle plus simplement sensible aux choses simples ?

Madame, ne serait elle plus sensible à l'amitié toute simple d'un anglais, alors qu'elle la recherche desesperement? ( C'est quand même pas ce qu'il y a de plus simple ici)


Non, mais Madame, franchement, tournerait elle si mal ?

J’aimerais ne pas y croire. Mais c’est vrai qu’on s’habitue. Trop vite.
Un jour, le retour sur terre va être rude.

Je ne veux pas y croire.

Saturday, September 30, 2006

Humiliée….

De plus en plus, j’aime une œuvre pour un instant, comme on se souvient d’un week-end pour un moment, d’un film pour une ou même deux scènes, comme dans Marie-Antoinette, par exemple …: les pleurs versés par cette reine qui est si femme, après avoir claqué la porte de sa chambre, accroupie dans sa rage mais aussi derrière la porte, ou ce regard satisfait du devoir accompli qui accompagne cette main tendue remplie d’un bébé qu’elle offre à son roi devenu enfin père….(Oups, d’en parler si vite me gâcherait peut-être le souvenir, tant pis c’est fait et ce n’est pas raconter le film, car ça j’ai dit que je ne le ferai jamais :) )

Ce soir, je veux me souvenir de Katerina Ismailova, à moins que ce ne soit de Eva Maria Westbroek, au moment où elle dégueule sur scène.

Elle a le cœur bafoué, car elle a tout donné.
Oh, ce n’est pas une sainte……… elle vient de participer au meurtre de son mari et vient d’épouser son amant.

Mais, c’est vrai qu’elle l’aime.
La preuve : alors que le froid sibérien glace leurs os dans le camp où ils croupissent puis qu’ils ont été découverts, elle vient de lui donner ses bas en laine pour soulager un soi-disant mal de jambes.

Alors, quand elle comprend que ces bas sont destinés à la nouvelle conquête/proie de son ex amant devenu mari, la rage l’emporte. Et c’est bien joué. Très bien. Mais, c’est, si j’ose dire juste bien joué.

Mais quand Sonyetka, se trémousse devant elle, les jambes bien au chaud dans ses bas en laine et lui explique qu’entre temps, Serguei s’est bien occupée d’elle, Eva Maria dégueule.
En plein milieu du Royal Opera House.

Elle a mal comme quelqu’un qui a tout donné.
Elle est déchirée de l’intérieur.
Et ce moment est un instant de pure émotion.

Ca se passe de commentaire.
Mais, Madame, votre émotion pendant nos applaudissements, fut la nôtre.

Si vous voulez vraiment comprendre l'histoire.


[Pour moi -même : je suis allée à l'opéra toute seule ce soir. J'avais envie d'être seule avec mon amour grandissant de l'opéra.
Et, va savoir pourquoi, je suis arrivée en retard. On ne fait pas entrer, normal, mais on nous fait asseoir dans les fauteuils rouges de la crush room que j’aime tant devant un écran pas trop géant.
Et là, ils se mettent à se lever les uns après les autres pour aller chercher une coupe d’eau ou de champagne à leur belle.

Shit, j’ai soif moi aussi.
Je finis par me décider, me lève, traverse le bar - que si vous ne le connaissez pas et si vous n’aimez pas l’opéra mais l’architecture, ça vaut le déplacement, mais j’arrête sur l’architecture, j’ai déjà donné - et là, donc, après avoir réglé ma ‘tite coupe, je m’entends dire, « Another one, please ».

C’est dingue ces évidences, qui vous poussent de l’intérieur et qui sont irrésistibles.

Bon, là j’ai l’impression de faire un billet dans un billet - comme si je rattrapais ce temps où je me suis tue -

Eh bien, je me souviendrai aussi pendant longtemps des yeux écarquillés de la toute jeune femme passionnée d’opéra chanteuse et joueuse de flûte et de piano arrivée elle aussi, seule et en retard, ce dernier soir de ce Septembre 2006.....]

Dites, vous croyez qu'ils m'ont contaminée?

Monday, September 18, 2006

Version anglaise

Non, ils ne pouvaient pas nous copier.
D’un autre côté, ils ne pouvaient pas rester à l’écart de cette initiative.
Non, parce que c’est francement (….:) ...) bien cette idée de montrer au bon peuple les ors de la République, non ? ....

Surprise, surprise…Ici, ça donne Openhouse.

Et évidemment, comme toujours, quand ils tiennent le concept, ils le poussent à fond….

Vous croyez que tout le monde se rue à Buckingham Palace ? Que nenni…
Ils vont visiter les maisons des autres.
Si, si.
Vous mettez votre adresse dans le catalogue et y’a des vrais gens – comme moi – qui viennent visiter….

Et ça valait le coup…
Certaine maison victorienne cotée rue cache bien leur jeu côté jardin…
L’espace d’un espace, on est accueilli par les lignes épurées du XXIième siècle…..et le concept de lower ground floor ainsi revisité vaut effectivement le détour, surtout lorsqu’il devient immense pièce à vivre (TV, ordi, jeux des enfants, machines diverses)…
L’architecte est là. Il raconte l’histoire. En direct.
(Mr, Mme et les 5 enfants avaient quand même déserté pour l’occasion…)


Un peu plus loin un dingue de natation l’a transformé en piscine son lower ground floor …avec lumière zénithale…

Pour la route, mais sans faillir au concept, nous avons quand même craqué, pour ce qui s’appelle Leighton House Museum (je sais, je ne me refais pas). On a bien fait. On n’était plus à Londres, mais à Damas.
Saviez pas que Damas était à coté de Holland Parc, vous ?
Eh ben faut réviser votre géographie ou sortir le week-end !


Ils me plaisent de plus en plus.
Dans leur version déjantée, je veux dire, qui d’ailleurs se marie souvent à argentée…, L’inverse n’étant pas vrai. Heureusement que le fric ne permet pas tout !

(Ceci dit, leur version Perfide Albion, je ne m’y ferai ja-mais !)


Et, chapeau bas pour la confiance ! Ils ouvrent quand même leur porte à n’importe qui…

Wednesday, September 13, 2006

Sans dessus dessous

Mais, non ce n’est pas une chronique sur Raymond…..

Vous savez d’ailleurs très bien que vous pouvez en trouver une très bonne quelque part par …., mais une invitation à vous bouger d’un coup de Métro – c’est quand même plus accessible que d’un coup d’Eurostar - à la Villette.

Ca va durer jusqu’à Samedi.
C’est un puits d’imagination, j'en suis sure sans l'avoir vu.(Non pas que l'imagination soit en soi un critère du réussi, mais quand même, quand ça l'est, ça rafraîchit, et même ça me réconcilie avec l'existtence, enfin façon de parler)

C’est un spectacle d’accessoires… et lesquels !….
Les dessous des costumes de la comédie Française et de l’Opéra.

Avec, comme acteurs les habitants du quartier… qui ont choisi de porter le costume qui les faisait rêver…

C’est exactement le genre de loufoqueries qui me grisent.
Quand le spectacle rejoint l’intime.

Alors, si d’aventure, vous allez vous promener du côté sur la pelouse non loin de la géode, ayez une pensée pour une ‘tite Française, qui vraiment regrette de ne pas participer à la fête….

C’est bizarre comme le fait d’avoir eu l’idée baroque d’associer une culotte avec bas style Henri IV avec une perruque XVIIIième me fait penser à…. une certaine Marie Antoinette….

Ruptures de styles, charmes nés des décalages, voire des décalquages.

Sacré Découflé !

Vous avez beaucoup de chance de pouvoir envisager d'aller voir l'Autre Défilé.
Même si je crois que vous n'irez pas....

Monday, September 04, 2006

Message personnel...

Done!

Triple épaisseur.
Rose.
Rose, comme les filles.
Même si je ne vais pas en profiter...

Tuesday, August 29, 2006

Petits pots

Vous vous souvenez quand vous étiez petits (mais pas tout petits), et pas encore tout à fait grands pour aller faire pipi tout seul (eh oui, me revoilou avec mes chroniques rituelles, non mais,…. vous ne croyez pas que je vais faire mon billet de rentrée sur la rentrée littéraire, moi … certains ou même certaines s‘en occupent très bien…) votre maman vous amenait près du pot (à la mesure de votre taille de l’époque) et vous étiez très très fiers, car en réalité vous vous sentiez déjà très grands, surtout quand votre maman vous hissait à la hauteur de la chasse pour la tirer.
Eh bien, là où je suis allée travailler Vendredi dernier, il y en avait plein partout.
Rouge. Taille unique.
Chaque personne travaillant sur ce floor, comme on dit ici, avait son petit pot à côté d'elle, sagement rangé à côté de sa poubelle….Comme autant de coccinelles géantes qui se seraient mises sur le dos et à qui on aurait coupé les pattes..
En faisant cette association d’idées, (non, pas les coccinelles, mais mes souvenirs d’enfant), mon éclat de rire intérieur….disons s’est extériorisé… à un point tel que j’ai été obligée de tout raconter.
Évidemment, ma collègue de là-bas, à l’humour so british, embraye et me dit qu’il sont tellement busy ici qu’ils n’ont même pas le temps d’y aller,…… s’empresse de raconter… appelons ça … mes premières impressions de leur entité à la cantonade…… qui elle, m’accueille avec un « Dis, Charlotte, tu peux te retourner juste un moment, please? » …..ou m’explique que si le pot rouge n’est pas vidé le soir, on le retrouve le lendemain sur son bureau… dans l’état où on l’a laissé en partant….
Je ne pouvais même pas imaginer voir ça au XXI ème siècle dans une entreprise internationalement reconnue, comme….oups…. là faut que je me contienne.
(C’est que la petite française, certes moins prolifique que la petite anglaise n’a pas envie de subir le même sort…)
Enfin, bref, sachez que les petits pots sont rouges, car dedans on y colle les informations les plus importantes, les plus secrètes, les plus privées, car du petit pot rouge où on les cache pendant la journée, elles vont terminer leur vie…. au pilon.
Et, si on oublie de vider son pot, panpancucu!

Thursday, July 20, 2006

Love & betrayal in " Guantanamo bay"

Verite dramatique des acteurs, energie du London Philharmonic Orchestra... Fidelio est revisite avec bonheur par Deborah Warner, dont les cages en metal du premier acte, ne sont certainement pas sans resonances...

Mais l'heroine du jour, ce fut la mise en lumiere et l'animation qui s'ensuit d'un decor pourtant immobile.

Touchee. Des les premieres notes. Des ce long premier mouvement. De lumiere bien sur.

Que rajouter en cette veille de depart en vacances, alors qu'il est deja tard et que mes valises ne sont pas faites?

Il y a du Leonore en moi.

La, je ne sais pas ce qui me prend d'etre aussi peu pudique, alors que finalement , j'aurais juste du dire que le plan G, avec chauffeur qui vient vous chercher chez vous et vous ramene chez vous, c'est aussi bien cool....

A tres vite..............

Tuesday, July 18, 2006

cinq..

Ils etaient cinq ce matin, quand je suis partie de chez moi et que j'ai verifie si tout etait bien pret pour leur petit dej.

Cinq alignes les uns a cote des autres, sur un matelas ou non, avec un drap ou non, dans mon salon.

Cinq et un qui s'annonce encore pour demain...

Sans compter le couple dans la chambre d'amis!

L'ete est chaud a London :)

Thursday, July 13, 2006

Non, mais quand même, quand j’y repense…

L’autre jour, enfin l’autre samedi, quand j’ai découvert, superloo.co.uk, on est revenu près du parking (note à moi-même, il va falloir que je le fasse aussi ce post sur les parkings) et on a tout redéballé / réinstallé, le patin, le couffin, les fraises au champagne, les meringues, le lemon curd maison, la crème fraîche – encore fraîche malgré l’heure avancée et la chaleur), j’en passe, car ce n’est pas le but de ce petit billet. (Non, mais en vrai ça finirait par manquer de ne plus écrire ici, ce qui n’empêche pas d’écrire ailleurs, mais bref, c’est une autre histoire).

A un moment, j’ai vu notre hôte (enfin, je veux dire le propriétaire de la voiture) s’adresser un type qui venait d’arriver en scooter, l’accueillir très gentiment et lui proposer à boire…

Je me suis dit qu’elle était très gentille, cette Fabienne de père écossais et de mère française a l’accent délicieusement zozotant… (Et pourtant tellement anglaise avec son picnic basket de 1.30 mètre de long…)

On continuait à siroter / papoter /commenter la tenue de la reine quand le type du scooter commence à le démonter, pièce par pièce, …. ????.... puis à vider l’huile du moteur sur le gazon…

Je me laisse distraire et redistraire par la conversation, mais surtout par le lemon curd maison inoubliable, quand je commence à voir le type du scooter emballer chaque pièce dans des pochettes de plastique (enfin, pas les sacs de chez Waitrose, encore moins de chez Tesco… je veux dire des sacs de pro, avec des fermetures à gogo et tout le tintouin…)

Je commençais sérieusement à me poser des questions et à ne plus le lâcher de l’œil, quand, plouf….. je devais me rendre à l’évidence, le scooter avait disparu….

Je ne sais pas comment s’appelle la fée Carabosse dans ce pays, en tous cas…. pif, paf, pouf, plus de scooter… (Rassurez vous, nos robes de princesses, ne se sont pas transformées en guenilles non plus…).

Le pire, c’est que cela ne semblait n’étonner que moi… Va savoir pourquoi, je me suis retenue de poser des questions (Je vous le dis, je suis timide…).

Puis, on a commencé à ranger, un peu vite a mon goût (mais c’est pas grave car on a remis ça plus tard deux fois de suite, ça fera peut être aussi un post un de ces quatre).

Et voila que… No, No, il ne faut pas mettre le picnic basket allongé dans le coffre, mais debout… !!!!!
Ben, normal…… le corps sans patte du scooter, vous croyez qu’on le case comment si on a déjà un picnic basket allongé dans le coffre ? Faut réfléchir un peu dans sa tête, un type qui arrive en scooter, le désosse et l’emballe…. C’est que, forcément, il ne repart pas en scooter. Donc, on range le tout dans la bagnole,… ça s’imposait… !!!

Au moment des embrassades / quelle belle journée nous avons passé ensemble / il faut absolument qu’on te fasse découvrir…….il devient évident qu’il n’y a plus de place pour tout le monde. Le scooter bouffe au moins deux places…

Là je me dis que le moment est bien choisi pour risquer, une petite, toute petite question….

Et la réponse tombe implacable, évidente… « Mais enfin, Charlotte, on a bu du champagne toute la journée, on ne va pas risquer de conduire ? »

Vous saisissez ? Le type du scooter venait de se faire 1h30 (de mini scooter, il faut le dire ce stade), pour ….. pif, paf, pouf… se transformer en chauffeur de ses Messieurs Dames…..

Upper, upper, upper class, je vous disais…

Thursday, July 06, 2006

Ils ne l'avaient jamais vu comme ça...



Lui .....

Piccadilly Circus, avec des grappes de francais (et, euh oui, il faut l'avouer... de francaises....accroches a l'ange), chantant, riant, contents quoi....

Je n'y suis pas retournee aujourd'hui, mais hier, on a laissé l'ange, avec a la cheville et au poignet.... de beaux bracelets... à moins que ce ne soient des drapeaux francais....


Allez, je vous fais un petit alibi culturel, sinon, vous allez vraiment croire que je suis une groupie de Ze man.... C'est comme ca qu'on l'appelle de ce cote du Channel, en tous cas, quand ils se decident de parler de la victoire des bleus.... On sent vraiment dans la presse que ca leur fait un peu mal.

Mon vendeur de journaux m'a astucieusement recommande d'acheter le Sun, quand je lui ai dit que je voulais avoir les commentaires suir le match d'hier... Sur 8 pages consacres au foot, allez deux au match et a la victoire francasie ... et encore ils trouvent moyen d'ecrire des commentaires à la gloire de l'Angleterre..

Petit alibi culturel

At the south-western side of the Circus, moved from its original position in the centre, stands the Shaftesbury Monument memorial fountain, erected in 1892-1893 to commemorate the philanthropic works of Lord Shaftesbury. It is topped by Alfred Gilbert's winged nude statue, sometimes known as The Angel of Christian Charity. It is popularly known as Eros after the mythical Greek God of Love, although he is intended to be Eros' twin Anteros. The statue has become a London icon, and a graphical illustration of the statue is used as the symbol of the Evening Standard newspaper and appears on its masthead.
The use of a nude figure on a public monument was controversial at the time of its construction, but it was generally well-received by the public. The Magazine of Art described it as, "...a striking contrast to the dull ugliness of the generality of our street sculpture, ... a work which, while beautifying one of our hitherto desolate open spaces, should do much towards the elevation of public taste in the direction of decorative sculpture, and serve freedom for the metropolis from any further additions of the old order of monumental monstrosities."'
Technologically ground-breaking at the time, this statue was the first in the world to be cast in aluminium. The statue originally pointed its bow to the north, up Shaftesbury Avenue. However, during the Second World War the statue was removed for safe keeping, and when it was returned its bow was fixed pointing in to the south, towards Lower Regent Street.
The winged figure on the fountain is generally called Eros, is often supposed to be The Angel of Christian Charity, but was intended to be Anteros, a brother of Eros, and is recorded as such in the records of Westminster City Council. The sculptor Alfred Gilbert had already sculpted a statue of Anteros, when commissioned for the Shaftesbury Memorial Fountain, and chose to reproduce the same subject, who as 'The God of Selfless Love' was deemed to suitably represent the philanthropic 7th Earl of Shaftesbury. Gilbert described Anteros as portraying 'reflective and mature love, as opposed to Eros or Cupid, the frivolous tyrant.' The model for the sculpture was a 16-year-old Italian, whose name appears to have vanished from history. The fountain, when originally placed, was meant to have Anteros pointing his bow towards Wimborne Saint Giles in Dorset, which was the Earl's country seat.
When the memorial was unveiled, there were numerous complaints. Some felt it was sited in a vulgar part of town (the theatre district) and others felt that it was too sensual as a memorial for a famously sober and respectable Earl. Some of the objections were tempered by renaming the statue as The Angel of Christian Charity, which was the nearest approximation that could be invented in the Christian pantheon for the role of Anteros in the Greek. But the name never became widely known, and the original name came back, under the shortened form Eros, signifying the God of Sensual Love; quite inappropriate to commemorate the Earl, but just right to signify the carnal neighbourhood of London, into which Soho had developed.
The iconography deteriorated to the level where the memorial came to be seen as the lustful, half-naked Eros burying his shaft up Shaftesbury Avenue, absolutely typifying degenerate Soho. During his life-time Gilbert had already said of his sculpture 'There is more than £3,000 worth of copper. take it down, melt it, and turn it into pence and give it to the unfortunate people who nightly find a resting place on the Thames Embankment, to the everlasting shame and disgrace of the greatest metropolis in the world'.
Perhaps Gilbert's original intentions, and the Earl's memory, would be served better if the original name 'Anteros' became better known once more.

Monday, July 03, 2006

Respecter l’Autre

Il est facile de respecter l’Autre dans ce qu’il demande.
Il est plus difficile de le respecter dans ce qu’il ne demande pas, dans ce qu’il n’ose pas – pour différentes raisons - dire, demander, annuler…
Et pourtant, si l’on a la chance de sentir ce non-dit, de sentir un ennui, c’est là que le respect, le vrai, peut se mettre à l’oeuvre.
Comme par exemple, comme cela m’est arrivé récemment, avoir fait de nombreux kilometres, mais sentir que l’Autre est fatigué pour le voir et lui proposer tout simplement d’aller se reposer, ou sentir que l’Autre est ennuyé des plans prévus et lui proposer d’annuler la soirée.
C’est en prenant la décision de formuler pour l’Autre ce qu’il n’ose pas dire, demander, annuler - souvent parce qu’il est bien élevé - que commence le vrai respect, le respect en profondeur.
Cela s’appelle aussi mettre l’Autre en premier.

Respecter l’Autre en profondeur…c’est exigeant, car cela comprend parfois le fait de renoncer à son propre désir, mais la qualité de la relation est à ce prix.
Dans la durée. Au delà de l’instant présent.

Sunday, July 02, 2006

Ca me reprend...

Voila t-y pas que sur l'herbe verte, hier, est installé un algéco, ou plutôt ce que je prends pour tel.

Bon, je me dis ... normal ... dans notre douce France... Faudrait pas trop s'habituer non plus...

Mais l'intérieur était si astucieusement aménagé (y'avait le nécessaire pour homme et femme dans un espace semblable à une minuscule cabine de douche en plastique... en même temps, je ne vais pas m'étendre non plus sur l'aménagement de tous les chiottes que je rencontre, mais ca m'amuse de plus en plus de raconter la vie par les détails qui n'ont rien à voir avec l'événement qui va avec...) que je me suis tout de suite dit que même dans ce domaine, des progrès avaient été faits....

Jusqu'au moment, ou me transformant en shaddock pour la circonstance, j'aperçois, à peine cachée, la petite mention ...."made in England"....

CQFD!

Thursday, June 29, 2006

Ca n'est pas tout a fait la vraie vie, mais bon...

Se retrouver en plein Paris, avec un pot de depart au Grand Hotel, et y retrouver un tas de gens qu'on aime, ca fait toujours plaisir....

Et puis, finir la soiree au bar Hemingway du Ritz place Vendome, avec un ancien stagiaire, qui est accueilli bar le barman par son prenom - barman qui a le diplome du meilleur barman du monde... Il est english le Colin en question - ca fait aussi plaisir.... surtout quand on se rend compte que maintenant, l'ancien stagiaire devenu ami, c'est lui le grand maintenant....

Allez, on se revoit a New York?....

Il y avait aussi ton ancien patron, Pseudo a la fin..... et nos actuels, enfin bref, debrief irl....

Wednesday, June 28, 2006

Je n’aurais jamais cru...

... parler dans ce blog d’un sujet aussi trivial que les chiottes !

Mais, là, je suis obligée. Pas seulement pour rappeler que la façon élégante de les demander n’est pas « where is the bathroom ? » (trop américain) ni « Woul you please tell me where I can wash my hands ?» (on risquerait de vous conduire près d’un lavabo), mais plutôt « Where are the gents or the ladies ? » ou, beaucoup mieux « Where is the loo ? ». Eviter absolument, le « Where are the toilets ? », tellement lower, lower class...
Le mieux étant certainement de les trouver sans rien demander...

Mais, parce que ce week-end, j’ai découvert le concept anglais qui remplace avantageusement nos algécos français... L’équivalent du « Je suis ici comme chez moi » que certaines personnes richissimes appliquent à un avion pour en faire leur jet privé, à un bateau, pour en faire leur yacht familial...
Eh bien, ce concept appliqué à l’«endroit » en pleine nature, pour la foule triée sur le volet que nous étions, donne ....des toilettes dignes d’un hôtel cinq étoiles...

Lunette en bois, apparemment massif vue la lourdeur de la chose, papier triple épaisseur, Kleenex, propreté impeccable, lavabos qui semblaient à eau courante - ce qui pourtant était impossible, car nous étions loin de tout - et évidemment, last but not least..., le petit porte-manteau intérieur, qui permet de déposer sans risque... le fameux sac à main de ces dames, dont nous ne savons jamais que faire pour ne pas le salir dans tous les autres « endroits » du monde....

Et, euh,... les toilettes de sa Majesté ?....
Je vous dirai seulement que sa toilette était d’un vert-bleuté étincelant sous le soleil...Na !

# très à la mode décidément cette couleur...
# pour en savoir plus : superloo.co.uk.... ca, c’était Samedi dernier, The travel luxury loo company... ca, c’était aujourd’hui.

Juste un petit apercu de la saison anglaise, d'un cote un peu imprevu... mais que de billets a venir pour raconter ca par le menu.... See you! Ce soir... King Arthur.

Friday, June 23, 2006

Fêter l’été …

… même avec un jour de retard et avec de la musique of course… quand on habite de ce côté-ci du Channel, nécessite… évidemment de prendre un train, sillonner la campagne, et … s’apercevoir qu’ils sont là, en place, faisant semblant de ne pas prêter attention à nous, mais attendant que les premières notes fusent…

Oui, aller là-bas et ne pas apercevoir très vite quelques moutons, me gênerait maintenant.…

J’aime le coté immuable de certaines choses, le même, le rite….

Et, pour cette seconde (deuxième ?) fois de la saison, tout fut même et différent !

Les mufliers, digitales, aulx et autres delphiniums …ont coloré les plates-bandes des jardins depuis trois semaines…

Alors, nous avons taché les pelouses de notre présence tranquille, dégustant l’art de vivre à l’anglaise sous un soleil qui réveille la campagne, … mais aussi de fraîches gorgées de Pimms. (On peut enfin, c’est l’été… !)

Ayant choisi une nouvelle formule, nous avons pu avoir le temps de découvrir chaque recoin des jardins et notamment cet endroit où quelques anglais jouaient au croquet…

Et puis, ce fut comme jamais ce ne fut….
Je n’ai jamais autant sou(ri) dans cette salle qu’hier…

On pourrait hâtivement penser que c’est dû à la version anglaise (qui repose de l’italien et des sous-titres de la dernière fois), je crois plutôt que c’est dû à ces véritables acteurs qui chantent à merveille (il fallait monter jusqu’au contre-ut…. Adèle fut époustouflante et égale l’un de mes souvenirs d’une certaine reine de la nuit…) à moins qu’ils ne soient avant tout chanteurs, qui jouent de façon splendide….

A ce stade, on frise la perfection des deux arts.

Comment ne pas évoquer également cet intermède drolatique entre les deux derniers actes…le temps du changement de décors….

Et, merci P, de ta compagnie si vivante, intéressante, vivifiante, pendant cette dizaine d’heures passées ensemble ! J’espère que tu ne deviendras jamais un client….


Mais, aujourd’hui……. Repos… il faut être en forme pour …….. demain….

Thursday, June 15, 2006

Pet à Porter

Ils m’étonneront toujours…

En bref, après avoir organisé des défilés de mode pour chiens, voilà que la prochaine tendance d’un grand magasin londonien va être de prendre les chiens pour des femmes (ce qui est quand même mieux que l’inverse…) et de décliner toutes les versions possibles de la tendance « Je m’occupe de moi, donc je vis».
Des soins version Spa …au vernis à ongles en passant par tout ce que votre imagination ou votre connaissance des femmes peut vous suggérer….

Le dogalogue de tout ceci n’est donc pas loin.

Very confusing pour les chiens frenchies de ces dames à qui à la place on proposerait un catalogue….

Sunday, June 11, 2006

Ce que je regretterai en partant...

3. leur humour de tous les jours, comme par exemple la pub pour le London Aquarium, ou d'ailleurs je n'ai jamais mis les pieds : come and watch us watching you...

4. la simplicite de leur sens pratique, comme par exemple, le pretre toute a l'heure, expliquant la Trinite en evoquant du vin mis dans trois bouteilles... Le meme et le different....puis nous invitant a feter cette fete, une des plus importantes de l'annee, en buvant, en rentrant chez nous, quelquechose de frais et blanc. But, I did not mean milk....

Note a mes nooooooombreux...lecteurs : si vous n'aimez pas les billets a repetition, je ne vous conseille pas de revenir sur ce blog, car ce genre de rubrique risque de revenir assez souvent... Et oui, car, si j'ecoute la vie, mes jours, peut etre pas, mes semaines, je n'en ai aucune idee, mais mes mois....sont comptes de ce cote ci du Channel....

Friday, June 09, 2006

Ce que je regretterai en partant...

1. les parcs et les jardins..., comme aujourd'hui, par une journee caniculaire a Kew Gardens, dont je ne me lasserai jamais. Avec mon papa qui me montre toujours des choses que je ne vois pas, et ma maman qui m'apprend les fleurs...

Pendant ce temps la, j'avais l'esprit un peu ailleurs et entre autres je me disais que j'aimerais bien reconnaitre les arbres les yeux fermes, au bruit du vent dans leur feuillage.

2. danser et jouer en anglais...
Bon, mais la je ne peux pas trop developper, car .... j'ai un public qui m'attend, moi ce soir, enfin dans une heure et 10 mn..... et on ne va tout de meme pas se mettre a regretter ce qui existe encore...

Wednesday, June 07, 2006

Premières…fois

On a tous derrière nous et devant nous des premières fois.
La première fois a toujours pour moi une saveur incomparable, unique, non reproductible.
La découverte, surtout quand la curiosité est en alerte en permanence, donne ce caractère si particulier à la première fois.


Quand on sait avec certitude qu’une première fois va arriver, on l’attend, parfois pendant longtemps, on l’imagine, on la goûte, on l’entend, on la touche, on la sent, comme si on la vivait d’avance.
Et puis, quand elle arrive, on se rend compte que la réalité dépasse notre imagination (par exemple, pour un opéra à la campagne) ou qu’elle est autre (par exemple, pour la projection d’un film en ville)…

Il y a aussi des premières fois qu’on n’attend pas. Elles arrivent par surprise, sans prévenir, avec ou sans faire de bruit, mais elles sont là, bien là. C’est souvent le cas des émotions. Pas seulement artistiques.

Et puis, il y aussi des premières fois très attendues. Dont on ne parle pas. Et qui arrivent enfin. Joie secrète. Qu’on a tellement envie de dire.
Ce sont les fois où l‘on dépend de l’Autre. De ce qu’il est. De ce qu’il veut. De ce qu’il désire.
Je me souviens avoir désiré être la marraine d’un enfant à naître. Ce n’est pas chose dont on parle….
Et ils m’ont choisie…. Bonheur exquis que celui de la rencontre de son désir et du désir de l’Autre…

Pour autant, il faut savoir s’astreindre à ne pas revivre certaines premières fois.
Pas parce que la découverte n’y est plus, mais parce que le souvenir l’a embellie, a dépassé la réalité. Parce que les émotions qui s’y attachent sont uniques.
Parce que les impressions, et ça n’est pas un hasard si on les appelle comme ça, ont parfois laissé des traces très profondes en soi.
Etre touché au plus profond de son être arrive souvent sans prévenir. Ce genre d’instants où il semble que l’on vive plus intensément, car ils réunissent une atmosphère, un état d’esprit, un combinaison espace-temps différente.
C’est ainsi que si je devais retourner au Moma pour la troisième fois, je laisserai la personne qui m’accompagne visiter seule la salle des nymphéas. Ma première fois a déjà effacé ma seconde fois.
Certaines premières fois ne se retrouvent pas. Mieux vaut donc ne pas chercher à les revivre.



Et puis, il y a des fois qui sont toujours des premières fois.

Il y a des fois qui sont toujours une découverte.
Il y a des fois qui nous impriment.

Ce sont les fois où l’on se donne.
Ce sont les fois où l’on est l’objet du don.
Ce sont les fois où les deux mouvements s’aimantent…

La dynamique de ce don a ceci de mystérieux qu’elle recrée ce que l’on donne, en le multipliant et qu’elle élargit le cœur.
C’est sans doute pour cela que ces fois-là … sont toujours des premières fois.
Car à chaque fois, la saveur est incomparable, unique, non reproductible.


Il était temps que je me décide à publier ce billet-là.
Il faut dire que c’est le jour d’une première fois aujourd’hui…

Tuesday, June 06, 2006

6.6.6

Brrrrrrrrrrr…
Grrrrrrrrrrr!!!
Tsittttttttttt…

Mais bon, ce jour restera sans doute pour moi le jour de la costumière…

Aïe, aïe, aïe.... last time to rehearse, last time to learn (...) my words, last opportunity to sing in tune....
Aïe, aïe, aïe....

Thursday, June 01, 2006

Questionnements

L’absence d’événements exceptionnels fait-il que nous passions à coté de nous-même ?

L’ordinaire de la vie nous permet-il d’accoucher de nous-même ?

Faut-il choisir une cause, des causes, et passer sa vie à les défendre ? Seul, à deux, à plusieurs ?


Faut-il, comme le pensait Dostoïevski, « aimer la vie plus que le sens de la vie » ?

Faut-il apprendre « à mettre certaines choses au dessus de la vie même », comme l’écrivait Marc Bloch à ses parents ?

Ce soir, fatiguée, je ne sais plus. Certainement tout à la fois.
Mais, ça ne donne pas la réponse aux trois premières questions.

Tuesday, May 30, 2006

Petits bonheurs furtifs

Voir la mer et les Alpes d'en haut.

Se souvenir du bruit vert des vagues, du crissement d'un grain de sable entre deux orteils, du pincement aigu des galets.

Sentir les coups de soleil, malgré le froid ambiant.

Ne pas vouloir revenir sur terre.

Laisser son esprit dans les nuages.

Monday, May 29, 2006

Un lundi au soleil

Apres les folies cannoises de ce week-end, l'amitié enrichie d'avoir osé dire à l'autre ses faiblesses, j'arrivais enfin chez moi boulevard princesse Charlotte, enfin je veux dire chez eux (mais, ca peut devenir chez moi quand je veux.... car j'ai désormais une invitation permanente... youpie!!!)....

Après tant d'années, quel bonheur de connaître enfin cet appartement, de mettre un visage sur une tante...., de revoir une maman (qui en plus a le bon goût de me faire des compliments), de voir les photos de famille dans chaque pièce (elles me tiennent compagnie, me dit elle...)

Et puis, de faire le circuit du Grand Prix dans la Maserati Quatro Porte Millesime 1964...., de revivre l'histoire de la famille, de déjeuner à l'ombre d'un murier si mur qu'il nous offrait ses desserts à chaque plat...

Et puis de se promener sur le chemin des douaniers, et d'avoir l'histoire, la grande et la petite, de chaque villa ou presque.

Tu vois, quand je reviens, c'est ici que je viens me promener...

Connais-tu les mains de sorcières? C'est la plante de mon enfance... Non, je ne connais que les doigts de fée...

Pourquoi les gens ne gravent-ils plus leur promesse d'amour sur les agaves? Mais, si regarde, il y a même la date...

Et de me montrer les carrieres de meules, de m'expliquer comment elles étaient construites...

Reconnaitre dans la baie, le Christina... puis décider de gouter à l'eau, pour vérifier si elle est toujours salée...

Puis découvrir et rire ensemble de la poésie des conglomérats bréchiques monogéniques et des caulerpes d'if!

Un lundi au soleil, dont le souvenir, nous empêcherait de répondre "comme un lundi" à la traditionnelle question du lundi et fait mentir la chanson de Cloclo...

On comprend mieux qui est l'ami, même si on le connaît de longue date, si on a marché ensemble sur le sol qui l'a vu grandir.

Saturday, May 27, 2006

Ca fait trente jours...

Ca fait trente jours aujourd'hui qu'il fait ça pour moi.
Et, pourtant, on ne se connaît pas.
Quelqu'un le lui a demandé pour moi.
Et, il a dit oui. Sans me connaître.

Elle est touchante la vie.

Alors, tout simplement, mais vraiment, merci...
En attendant de vous le dire en direct, un jour, peut-être...

Tuesday, May 23, 2006

...C'est demain!

.....

Monday, May 22, 2006

Tout sur (mon week-end) une heure de mon week-end avec Monsieur Jean.

J’étais entrain de finir un « large coffee with milk » encore fumant dans un grand gobelet blanc, en descendant un escalator.

Et là, juste derrière moi, deux marches plus haut, je l’entend d’abord sans le voir : « L’odeur de ce café est délicieuse ». Je me retourne, je lui souris. Il rajoute : « On dirait du café maison ». Je lui resouris. « Je me fais souvent du Nescafé à la maison ». Je pense, il est vraiment British !...

On arrive au bas de l’escalator. Il me reste un fond de tasse. Je luis dis : « Do you want some ? ».

Et là, je me dis qu’il va vraiment penser que je suis « completely mad ». Et pourtant, à cet instant, je ne sais pas encore qu’il s’agit de Monsieur Jean...
Mais, non, ... il accepte mon gobelet blanc, avale de bon cœur les deux doigts de café qui restent et me remercie chaleureusement. Il rentrait chez lui et pensait déjà au café qu’il allait se faire...

Et là, j’aperçois ses deux médailles.... WWII - Veteran.....

Génial ! Enfin !...

Jusqu’à présent, je n’avais réussi qu’à remercier indirectement le père d’une amie anglaise pour ce que les anglais ont fait pour nous, les français, pendant la guerre. Et d’ailleurs, il avait beaucoup apprécié...
Là, enfin, j’étais devant un vétéran, un vrai, aux yeux pétillants et au sourire charmeur.

Et là, sans transition, je lui dis : « Merci. Merci. Merci. En tant que française, j’attends ce moment depuis longtemps. Pouvoir vous remercier du fond du cœur d’avoir contribué à libérer la France en 1944 ».
Puis, lui aussi, me dit merci de mes mercis... Ca l’a touché.

Et on commence à bavarder. On prend la même ligne de Métro dans des directions différentes. Trop bête.
On continue à bavarder un moment à l’intersection de la Northbound et de la Southbound...
Il habite à Eléphant and Castle... J’ai vite l’intuition qu’il faut faire prolonger ce moment. Tant pis pour ce que j’avais prévu.

Le bruit des rames qu’on laisse passer nous gêne pour nous comprendre. Alors, pensant très fort à mon faux grand-père que j’aimais tant et dont j'aimais tant écouter les histoires de guerre, je lui propose : « Vous ne voulez pas un café ? Enfin, un café entier ? ». Il me dit OK....

On rebrousse chemin, et dans l’escalator, en remontant, à l’anglaise, enfin plutôt à l’écossaise, il me serre la main et me dit : « My name is Ian » « Pardon me ? » « Ian » répète-t-il. « Ian, it is John in gaelic, I am scottish ! ».

Plus de doute, c’est bien Monsieur Jean...

Et je retourne m’asseoir pendant plus d’une heure à la « terrasse » où je venais d’acheter le premier café...

Je le bombarde de questions sur la guerre.
Il est arrivé à Arromanches à D+5...après être resté trois semaines sur la côte et plusieurs mois mobilisé près de Guilford. A peine arrivé, en France, son ami Ken tire sur un avion ennemi. L’avion prend feu. Le pilote allemand est éjecté du parachute. Il tombe non loin d’eux. Ken lui dit : « Tue le ». L’allemand grelotte. De froid. De peur.
Monsieur Jean s’approche. Il ne peut pas.... L’allemand sera fait prisonnier et emmené quelques jours plus tard, la vie sauve, en Angleterre. Il a bon cœur, Monsieur Jean.

Puis, il m‘emmène avec lui à Caen, à Falaises. Au début de la guerre, il était sur une moto à l’arrière, derrière les tanks. Après la fin de la guerre, c’est lui qui conduisait les tanks. C’est peut-être pour cela que ses blessures de guerre se « résument » à un pouce déformé et le bas du dos un peu toujours mal en point, car deux bouts de ferrailles s‘y sont encastrées après l’explosion d’une mine.

Puis, il m’embarque pour la Belgique, la Hollande. Et enfin Lübeck et Hambourg.
Le traquage des nazis dans la forêt... Les prisonniers conduits à Nuremberg....

Puis, le retour en Ecosse, en 1947. La vie reprend son cours. Comme avant la guerre. La joie de revoir des femmes. Les bals. Où les hommes étaient d’un côté, les femmes de l’autre. On allait inviter une demoiselle pour une danse. Et, on la reconduisait à sa place. C’était différent. Pas comme maintenant. On écrivait ses lettres d’amour sur du papier à lettre. Il les a toujours. Il les relit encore, j’en suis sure…

Le truc, c’était de se débrouiller pour avoir la dernière valse avec celle qu’on avait repérée. « Ah bon, pourquoi ? » Parce qu’ainsi, on avait toutes les chances de pouvoir la raccompagner chez elle.... « C’est comme ça que vous avez rencontré votre femme ? » Oui, me dit il l’œil coquin. Mais, il ne se souvient plus si elle lui avait accordé la dernière danse....

Ce week-end, c’était son anniversaire...
Alors, sa fille, demain, lui offre une heure de conduite d’un tank....à Norfolk !
Il y vraiment (des gens), oups, des Jean, qui fêtent leur anniversaire de façon plutôt inattendue....

Puis, il m’a dit : « Et vous, c’est quoi votre histoire ? ».
Moi, c’est vrai qu’il vaut mieux me poser des questions, sinon, je suis capable de passer de heures à écouter les réponses aux questions que je pose...

Et là, je lui ai raconté ma vie. Enfin, surtout l’essentiel. Ce qui compte vraiment pour moi.

Même si j’ai quand même glissé que j’étais un peu actrice aussi, quand il m’a dit qu’il avait sa photo avec Brigitte Bardot....

Déjà, c’était fort, cette histoire là. Mais, là, j’ai cru rêver...

Au fait, suffit-il de s’appeler Monsieur Jean pour aussitôt rencontrer l’actrice la plus en vue du moment ?

N’est-ce qu’une question de prénom ?...

Non, parce que si c’est ça, moi, je suis prête à changer Charlotte en Mademoiselle Jeanne...


Monsieur Jean, malgré ses histoires poignantes sur la guerre, aurait-il donc aussi un côté superficiel voire show-biz ? Faut croire. Et il assume bien. Tout le monde ne parle pas de sa photo avec BB - quand on a la chance de l’avoir-, dès la première fois, quand même !

Il m’a montré le porte-clefs souvenir du 60ième anniversaire, au mémorial de Caen, avec la reine.

Et il m’a dit « You made my day ! ». Et pas que ça.
Ca pourrait faire une autre histoire, d’ailleurs.
Mais, ce billet est déjà bien assez long. Je ne voudrais pas vous ennuyer.


Il m’a dit aussi qu’il voulait me revoir. Je lui ai dit top là !... mais pas avant le 10 Juin....
Nous avons échangé nos coordonnées. Je lui ai dit que je viendrai bien chez lui voir les photos. Les coupures de journaux. Et tutti quanti.

Voilà, si vous voulez en savoir plus sur l’histoire Monsieur Jean, vous pouvez aller là.

Toute ressemblance avec d’autre personne portant le même pseudo étant évidemment gnagnagna gnagnagna gnagnagna.....

Sunday, May 21, 2006

C'est pas le jour...

D’habitude, je prends les transports en commun. Comme tout le monde. Aujourd’hui, j’ai eu envie de me faire plaisir. Comme ça. Parce qu’on ne vit qu’une fois. Parce qu’il y a des fois où il ne faut pas mégoter.

La voiture est arrivée à 8h30 précises en bas de chez moi. C’est assez pratique. Surtout quand on a les mains encombrées.

Le temps de partager un « Are you flying today ? » un « Non, moi franchement, ça ne me fait pas rêver », d’avaler un dernier café, et hop, c’est parti !

Le trajet dans Londres se passe bien. Même si le chauffeur râle à cause des routes barrées.
Le soleil continue de se lever. S’il fait beau ici, c’est qu’il fera beau là-bas.
On arrive sur l’autoroute. Le rythme est bon. Le timing est bon. Pas de danger de rater l’avion.

Il y a des jours, comme ça, ou l’on rajoute une heure sur le temps réellement nécessaire, tellement on n’a pas envie de rater l’avion. Pour éviter les stress. Pour être bien. Pour être confortable !

Quelques coups de fil, quelques textos de dernière minute. Et puis, mon esprit s’envole... Bien avant moi.
C’est assez grisant de se dire que l’on va réaliser un de ses rêves, aussi futile soit-il...

Et puis tout à coup... le grain de sable...
Vous savez, celui qui peut faire tout rater...

Le chauffeur me fait le coup de la panne ! ! !.... A 10 miles de l’aéroport...
J’ai pourtant dit qu’il fallait se calmer l’Angleterre, me semble-t-il, non ?

On se range sur le bas-côté. Il descend de la voiture un peu vite à mon goût, surtout quand on voit défiler les voitures à grande allure.. Je lui dis que ça ne vaut pas le coup d’y perdre sa vie...

Il ouvre le capot. Enorme fumée grise.... Impossible de redémarrer....

Il appelle son chef pour lui demander la procédure à suivre dans ces cas-là. Il obtient son accord pour ne pas me faire payer. Royal, non ?
A-t-on un autre chauffeur dans les environs ? Non...

Moi, sans attendre, j’applique la mienne de procédure...
Je lance aussi un appel au secours. Pas de réponse. Bon. Je comprendrai plus tard....

Et puis, tout se passe très vite. Il arrête une voiture. Elle se gare devant la notre. Il attrape un billet de 10 pounds. Il change ma valise de coffre. J’attrape ma robe. Il me dit qu’il a réglé le nouveau chauffeur pour la fin du trajet. Je vais avoir mon avion...Il me demande l’argent de la course. Je lui tends les billets. On redémarre. C’est bon, je vais arriver à l’heure...

Ce n’est finalement qu'une péripétie...Si, si, il faut bien le dire ... beau pragmatisme ! Bon sens de la situation...
Je salue intérieurement...


Dans quelques heures, je vais monter les marches. Rouges. Jolie couleur. Que j’aime évidemment pour les roses. Même si je préfère les blanches.

Et la seule vraie question qui reste, car tout le reste est connu, au bras de qui ?
Car, c’est aussi ce qui est important dans cette circonstance...

Alors, au bras de qui ?
Lisez doucement... C’est bon le suspense, non ?

Tom Hanks ? Faut pas exagérer et faut suivre : il est arrivé de Londres, certes.
Mais, c’était hier, en Eurostar, avec Audrey.

Daniel Auteuil ? Lui, au moins, vous savez que je le connais...Donc, il fait partie des possibles...

A vous de réfléchir...

Non, mais vous ne voulez tout de même pas que je vous le dise, non ?
Et puis, vous n’avez qu’à vous brancher sur Canal Plus, ce soir. Na !

Tout ce que j’ai envie de vous dire, c’est que cette journée ne se passe pas tout à fait comme je l’avais imaginée. Mais, ça n’est pas grave du tout. C’est la vie... C’est donc tout ce que vous en saurez. Et ça, pour le coup, ça a toujours été prévu comme ça !...

Bon, allez, je ne vais pas non plus faire la cachottière sur tout....
D’accord, je vous raconte aussi l’arrivée à l’aéroport de Nice.
Un tas de gens sont attendus, vous savez, comme des gens importants....
Ils ont leur nom sur une petite pancarte... ils descendent sûrement au Martinez...

Moi, tout simplement, car en vrai, j’aime vraiment les choses simples, vous savez, je suis reconnue à mon arrivée...Et conduite aussi à destination.

J’ai toujours été plutôt villa avec piscine que suite impersonnelle dans un grand hôtel. Pas vous ?


[nda : achevé de rédiger le 17 Mai et exceptionnellement posté le 21 pour cause de circonstances exceptionnelles...]

Friday, May 12, 2006

Pause?

On me demande si je suis OK pour une interview dans un magazine pour l’édition de Septembre, car j’ai dîné hier à côté de la Présidente Fondatrice. (Heureusement qu’elle était là pour sauver cette soirée…) ...

Je récupère chez le cordonnier des chaussures Chanel qui croupissaient depuis un an au fond d’une de mes armoires (depuis qu’une de mes amies mes les avait refilées quasi neuve) en attente d’une bonne occasion…

On parle de moi dans un magazine placardé dans toutes les allées de l’underground, alors que j’allais incognito acheter le ruban qu’il me manquait pour m’accrocher une broche couleur robe longue autour du cou....

On m’appelle pour me proposer un appart à Paris.... (Bon, je reviens quand? Il va falloir que j'y pense...)


Bon, je retourne bosser. C’est plus calme.
Si seulement….

Thursday, May 11, 2006

Il s’est déclaré… enfin!

Hier, Suzi, à la pause de notre répétition ( je ne m’étends pas, car ce n’est pas l’objet), arborait, radieuse, le diamant que son désormais fiancé lui avait offert Vendredi soir.

Tout a commencé par un prétexte.
Ils étaient juste partis faire un tour au parc. Après le boulot.
Il a choisi un joli banc.
Il s’est mis à genou.
Et lui a demandé: « Suzi, do you want to marry me ? »

C’est arrivé.
Comme ça.
A l’improviste. Sans qu’elle s’en doute.
Comme une vraie surprise.

La bague est trop grande. Mais, elle ne la quitte pas.
Il y des sourires qui parlent tout seul.


Ce matin, j’étais tellement hyper hyper hyper en retard que je suis partie à la sauvette.
Pas de maquillage. Rien. Juste mon sourire.

( Note à moi-même : Charlotte, ton sourire, ce n’est pas du maquillage quand même ?)

Et, c’est arrivé.
Comme ça.
A l’improviste. Sans que je ne m’en doute.
Comme une vraie surprise.

Il l’a dit….
Et après, il a voulu que je lui dise comme on disait en français…
Alors, je lui ait dit qu’en français, on disait « Je t’aime »…


Ca sent le printemps.

Wednesday, May 10, 2006

Paradoxe

Dimanche dernier, c’était la journée mondiale de prière pour les vocations.
J’ai toujours cru, jusqu'à avant-hier que c’était une journée de prière pour les vocations sacerdotales ou religieuses. Il n’en est rien.
L’Eglise nous invite aussi à prier pour les vocations, laïques, les vocations au mariage.

En réalité, je viens de comprendre que c’est une journée de prière pour la vocation commune au don de soi.

Saint Jean, L’Evangéliste, rapporte les Paroles du Christ dans l’Evangile dit « du bon berger » : « Le Père m’aime parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite. Personne n’a pu me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voila le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Relisons.
Le Christ affirme donner sa vie librement, puis enchaîne : « Tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père ». C’est quand même un tantinet paradoxal, à première vue, non ?

Alors, laissons nous expliquer par les théologiens*.
« C’est dans ce commandement qu’est la liberté. C’est dans l’accomplissement de la volonté de Dieu qu’est la liberté... Toutes nos vocations s’insèrent au cœur de ce don du Seigneur à son Père qu’il fait pour nous tous.... Nos vocations sont à la fois toutes dissemblables et semblables....C’est l’Esprit Saint qui nous guide. Chacun de nous, qui que nous soyons, prêtres, religieux ou laïcs, cela n’a pas d’importance.
L’importance, c’est de correspondre au dessein du Seigneur, de correspondre à ce qu’il est. Il nous appelle au même don. Il nous appelle à donner notre vie à sa suite ».

L’essence d’un mystère nous empêche parfois de comprendre.
Mais pas d’y adhérer.


Gift of the day.


Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève;
de très loin tu pénètres mes pensées.

Quand je marche ou me repose, tu le vois,
tous mes chemins te sont familiers.
Avant qu’un mot ne parvienne à mes lèvres,
déjà, Seigneur, tu le sais.

Tu me devances et me poursuis, tu m’enserres,
tu as mis la main sur moi.
Savoir prodigieux qui me dépasse,
hauteur que je ne puis atteindre !

Où donc aller, loin de ton souffle ?
Où m’enfuir loin de ta face ?
Je gravis les cieux : tu es là ;
je descends chez les morts : te voici.

Je prends les ailes de l’aurore
et me pose au-delà des mers :
même là, ta main me conduit,
ta main droite me saisit.
Psaume 138

S’émerveiller. Encore. Toujours.

*Père Le Guillou, dominicain

Tuesday, May 09, 2006

Royal de Luxe

Vendredi, mon rendez vous n’était pas avec la reine…comme mon côté cabotin le laissait supposer.
C’était avec un sultan.
Ou plutôt, avec son éléphant.
Son éléphant à voyager dans le temps.

Créé par les magiciens de Royal de luxe, ma troupe de théâtre de rue de ville préférée.
42 tonnes. Il a déambulé dans les rues de Londres pendant quatre jours, arrosant avec sa trompe un public médusé sous la chaleur de ce Vendredi de printemps, nous regardant de son air tellement humain du haut de ses 13 mètres de haut.

C’est le cinquième de la série des géants, après le géant tombe du ciel, le géant tombé du ciel : dernier voyage, retour d’Afrique et les chasseurs de girafes.

Je les ai découverts par hasard à Avignon en 1990, sur la place du Palais des Papes, au moment où, du ventre des pages de cette « Véritable Histoire de France », j’ai vu bondir le Roi Soleil sautant à la corde, Jeanne d’Arc en tailleur Chanel et lunettes de star, des cyclistes du front populaire en échappée belle, des poilus s’effondrant sous des pelletées de terre et des tonnerres d’explosion.

Je vous laisse quelques instants avec Odile Quirot, car elle a écrit ce billet que j’aurais aimé écrire moi-même mot pour mot à l’époque, si j’avais eu la chance de parler avec Jean Luc Courcoult plutôt qu’avec les membres de sa troupe d’ailleurs fort sympathiques au demeurant (c’est le fondateur et metteur en scène, le pilier, l’âme de Royal de Luxe) et si les blogs avaient existé.

« L’énergie des corps l’emporte sur le jeu psychologique. « Aimer » est le verbe qui revient le plus souvent dans sa conversation : aimer les gens, leur raconter des histoires. Verbe qu’il sait rendre concret, comme les poètes. Et, s’il rêve de géants, il a un appétit d’ogre, pour la musique, le cinéma, la BD, les conversations de bistro, les voyages. Il est le cousin éloigné de Max Linder. Evidemment, Courcoult retrempe le tout, dans le vieux bain du théâtre : la violence du théâtre élisabéthain, beaucoup de rires de la comedia dell arte et quelque chose des jeux du cirque.

Dans sa ménagère très personnelle et totalement hétéroclite, les moteurs à explosion vivent en cœxistence pacifique avec les sculptures faites de bric et de broc, belles comme un Tinguely.
Il lui faut une sacrée dose de convictions et d’obstination pour concrétiser des idées aussi grandioses et inattendues que les siennes. Avec Royal de Luxe, toujours on revient au public, sans lequel le théâtre n’existerait pas. Vérité première un peu oubliée, et beau souci, à l’heure du formatage d’émotions de l’audience….
Royal de Luxe est exactement la preuve par le contraire d’une époque dite individualiste et nourrie d’images virtuelles. Ses spectacles sont nourris d’une énergie communicative, d’une invention réjouissante. Il est permis d’avoir peur, de rire, de s’émerveiller, d’être profondément ému.
Et de grignoter des cacahuètes pendant les représentations : les spectateurs du Globe, croit-on, éprouvaient le même bonheur, l’émotion de la langue en plus.
Peu importe, Royal de Luxe ravive une enfance de théâtre, ce faire semblant drôle et sérieux, magique et artisanal. Il réinvente le style bouffon, la fête et la marionnette.

« Réalisme imaginaire » - dit Courcoult.
A chacun ses mots.
A tous, avec Royal de Luxe, la déflagration de la poésie. »


Cette troupe me touche.
Par sa liberté. Sa fougue. Sa fantaisie.
Quand je la côtoie, je me sens rejointe, voire comblée l’espace d’un instant.

Comme dans ces instantanés magiques et délicieux, que l’on voudrait éterniser sans que cela soit possible, où l’on rencontre l’Autre.
Dans sa Liberté. Sa Fougue. Sa Fantaisie.


PS A découvrir aussi, son catalogue des animaux mécaniques, que je tiens à disposition … mais il est un peu lourd, alors je ne le transporte pas….Et qui n’est pas sans rappeler, quelque part, un certain bouquin sur les lutins… On y découvre, et d’ailleurs, on peut même passer commande, la girafe à vérin, le diodon porc-épic, le bengali à ressort, les pinsons siamois, le lémurien à piston, le brochet turbine, le cabillaud bus, le maquereau hydro plane, le cobra en mue, la silure et autre murène en remorque.

Monday, May 08, 2006

It's raining cats and dogs

Là, ça devient grave. Très grave.
Si je me remets à faire des billets sur le temps, c’est que je suis vraiment sous influence…
Il y a des jours, comme ça, ou on est obligé de sortir l’imperméable, long, jusqu'à terre, enveloppant, encapuchonnant. Bref, l’imperméable derrière lequel on disparaît quasiment corps et âme.

Et là, il me dit : « You look sexy today !!! ».
Non, Ken, faut pas exagérer…, pas dans cet imperméable…
Et il me répète « To me, you look sexy with it ».

Dommage qu’on ne puisse pas choisir ceux dont on aimerait qu’ils aient ce regard sur nous…
Ou, plutôt, tant mieux.

[Note à moi-même : il va falloir que je me pointe avec la robe longue vintage année 50 que j’ai achetée hier, pour une occasion bien plus glamour que ce pluvieux lundi londonien...]

Friday, May 05, 2006

Le luxe royal

Enfin....!!!!! Et à Londres...!!!!
Pas le temps d'en dire plus.

"On" m'attend.

Il faut que je file....

Thursday, May 04, 2006

Warning

Temperatures are expected to reach 24o C / 77 o F today. Please carry water with you and if you do become unwell, alight your train and proceed to the station.
Thank you


C'était à l'entrée du Métro ce matin.
C’est sans commentaire.
Allez, juste une petite traduction.
Ils nous disent de prendre soin de nous.
Et en plus, ils nous remercient.

Je l’aime cette Angleterre.

Wednesday, May 03, 2006

Etat de Grâce ?

Hier, en ressortant de chez moi pour aller dîner avec des amis, je me fais accoster par une superbe anglaise à tendance indienne.
Elle me demande du feu.
Je lui tends une immense boite d’allumettes. (oui, bon j’ai rarement d’immense boite d’allumettes sur moi, mais je venais d’en mettre une dans ma poche…)
J’avais les mains encombrées, alors je lui dis de faire comme chez elle.
J’en profite pour la regarder. Elle est vraiment très jolie. Je vais le lui dire, me dis-je.
D’abord pour lui faire plaisir à elle.
Et puis surtout pour que l’indien qui l’accompagne l’entende.

Elle me redonne le paquet d’allumettes.
Et ne me remercie pas.
Bon…. Ce n’est pas très très gentil, mais, ce n’est pas très très grave non plus.

J’ouvre quand même la bouche pour lui dire ce que j’ai à lui dire, et là, elle me double et me dit : « You are a star ! ».
Et je suis restée scotchée, sans un mot.
Et ils sont partis.


Ce matin, retrouvailles et papotes plus longues que le temps nécessaire à l’achat d’un journal.
Et là, après une pause dans nos regards, ses yeux se dessillent (Je crois que c’est comme ça qu’on dit…) et il me dit « I missed you » et embrasse les 2 cm3 d’air en face de lui.
Je lui fait un immense sourire. Juste pour lui dire que j’ai compris….


Oh…l’Angleterre, on se calme !!!
Moi qui prends tout au premier degré, je vais finir par y croire.
Même si je sais bien que les stars, enfin je veux dire les vraies, étaient à New York hier pour le fashion contest*, roulent en limousine, monteront les fameuses marches sous les photographes à Cannes pour le festival mi mai , ont leur photos dans Paris Match…
Mais ça ne m’empêche pas de rêver….


* je vais me mettre aux liens, je vais m’y mettre…

Tuesday, May 02, 2006

Brumes violines

La prochaine fois que vous prenez l’Eurostar, de Paris, un matin, trop tôt, mettez la fenêtre sur votre gauche, dans la direction de la mer.

Laissez vous doucement désembrumer, comme le souffle du vent désembrume le ciel.

Et, petit à petit, ouvrez l’œil*.

Et, dites moi, si, comme moi, vous avez l’impression d’être sur la table d’harmonie d’un violon géant, et, plus précisément, dans l’une des cordes qui relie le cordier au chevillier ?

Mais ne me dites pas que vous prenez le « sol » ** qui danse devant vos yeux et pour vos oreilles pour l’un des fils électriques, ni que vous confondez le chevalet avec le poteau…. vous risqueriez de me gâcher mon prochain retour.

De toutes façons, ce violon n’en perdrait pas son âme…


* et éventuellement chargez votre MP3 d’un concerto de Bach en Ré Mineur pour deux violons, mais c’est vraiment optionnel.
** vous avez compris, hein, pas la terre

Wednesday, April 26, 2006

You look lovely today!

Again, you made my day… I will miss you during five days.
Je le savais un peu aujourd'hui. Je me suis réveillée en retard et en joie….
Une joie venue d'ailleurs. Plus forte que les circonstances.


Je rentre pour Manou.
Pour être là.
Pour vous dire au revoir.
Car lors de mon dernier passage, vous étiez trop faible pour qu'on se voit, pour qu'on se parle.
Pour vous rendre hommage.

Pour oser vous dire, que pour l'assimilée que je suis dans votre famille, et pour nous les copains, Manou, ca veut dire aussi, notre Mamanànous.

Tuesday, April 25, 2006

Pensées

Pour les plus grandes joies et les plus grandes peines de ceux qu'on aime, on ne peut en général pas faire grand chose.

Juste être la, à côté.

Se réjouir avec.
Rendre grâce, si on croit
Comme hier, avec l'annonce de l'arrivée, attendue depuis quatre ans, d'un enfant.

Souffrir avec.
Prier, si on croit.
Comme hier, avec l'annonce du départ d'une maman.

Monday, April 24, 2006

So much going on ....

Tellement qu’on pourrait se laisser prendre au jeu.
Anniversaire de la reine, Barde’s Birthday, Marathon, Saint George's day. Soleil radieux, samedi.
On ne savait plus où donner de la tête à Londres ce week-end...

Alors, je pourrais disserter après mon tour de Globe, sur l’influence de son architecture sur le jeu des acteurs et la réaction des spectateurs. Dans tout autre théâtre en effet, le spectateur est plongé dans le noir et la lumière de la scène attire son regard. Ici, les acteurs voient les spectateurs qui deviennent pour eux le peuple d’Angleterre dans Richard II par exemple. Le spectateur devient ainsi acteur pour l’acteur, et pour le spectateur, ce qui…

Non, j’arrête. Je sais trop que je pourrais continuer. Même si c’est très intéressant, là n’est pas le plus important.

Le plus important, c’est cette petite phrase apparemment sibylline du « Maître de la Voix » du Globe : « Pour adoucir le ton de votre voix, souriez en parlant ».

C’est quasi impossible d’avoir un ton dur en souriant. Essayez !
Et avoir en tête ce life’s tip, ça c’est important.
Car ça peut transformer notre rapport aux autres.

Evidemment, ce billet n’intéressera que ceux qui n’ont pas en permanence une voix suave et langoureuse. Donc, à peu près personne que je connaisse.

PS. Il va falloir un jour que je publie ma théorie sur les life’s tip. Pas sûre que ce soit ici. On verra bien.

Friday, April 21, 2006

Brèves. Pour (en...) finir...

C’est le dernier billet sur Merlin l’Enchanteur. Si j’étais prof, je vous dirai : « Et maintenant, racontez l’histoire »


… le soleil mousse entre les nuages….

Le problème, avec les rêves, c’est que parfois, ils se réalisent.

Moi qui n’ai jamais conçu l’amitié avec une femme autrement qu’en étant son amant, et inversement, je me sens complètement chaviré par ce coup de foudre sans passion ni désir…


- Vous écoutez ce que vous allez me dire ?


C’est là, dans cet abri désaffecté pour bûcherons d’avant-guerre, au temps ou l’office national des forêts ne planifiait pas encore la nature….

Elle a mentionné son chef d’état sur une intonation de crachat.

On se donne nos enfances comme on échangerait notre sang.

Je regarde mon petit garçon, comme si je ne l’avais jamais vu. Je connais sa dignité, ses silences, sa rigueur dans l’humour et sa volonté farouche de justifier les chimères auxquelles il veut continuer de croire.

Je me suis penchée pour l’embrasser sur la joue. Il a cueilli mon baiser avec sa bouche, m’a appris que c’est ainsi que les fées embrassent les enfants. Je sens bien qu’il abuse de ma situation, mais je l’ai laissé me rouler un patin, l’air consciencieux.


Entre ces quatre murs de rien, dans cette maison de poupée grandeur nature, j’ai repassé toute ma vie. Tantôt comme une leçon, tantôt comme une épreuve, tantôt comme une chemise.

Et je lui souris. Pas le sourire standard de l’hypermarché ; le sourire que son fils m’a rendu, mon sourire de baignoire sous les bombardements quand je passais les alertes à rajouter de l’eau chaude en lisant Gide pour conjurer la guerre, ce sourire qui chasse les peurs, les remords et les drames, qui réenchante le monde et détourne le malheur vers les méchants et les tristes. Mon sourire de fée.

Wednesday, April 19, 2006

Brèves. Toujours pour le plaisir...

Avec ce bouquin, je me suis délectée. Je ne suis pas la seule : « Cauwelaert a le don, la grâce d’écrire… Surprises, accélérations, néologismes, émotions, amertumes – difficile de faire mieux » - François Nourrissier




Mestrivak fut rassuré de me voir continuer mes tournées de représentant. Il croyait que c’était de la prudence, une manière pour moi de garder les pieds sur terre, alors que c’était de la pure volupté.( Là, je pourrais mettre en pratique mes cours de liens…) Affronter, anonyme, la suffisance et le mépris des responsables d’ achat de Monoprix, Auchan ou Carrefour, qui écoutaient mes arguments d’une oreille tout en téléphonant exprès, puis critiquaient mon packaging, ma cible, mes prévisions de ventes pour que je réduise mon prix ; jouer à me faire humilier comme avant pas ces minus péremptoires, qui ne savaient pas que je venais de garer sur leur parking une Ferrrari Daytona coûtant trois ans de salaire, était la plus délicieuse des revanches, un manière de venger sans qu’ils s’en doutent les placiers en cacahuètes, yaourts ou chemisettes qui se rongeaient les ongles dans la salle d’attente avant de prendre la place sur la chaise de torture, face à un petit chef qui se croyait autorisé à leur apprendre leur métier parce qu’il était investi du pouvoir de dire non.

L’ambiance vert et bois, les lampes champignons et les vitraux bosselés composent une lumière d’aquarium.

…la moquette assoupissante…

Il doit peser cinquante kilos pour quatre-vingt-douze ans.

Non, l’unique différence, c’était la demi-bouteille. En laisser la moitié, c’était souffrir inutilement d’être seul.

C’est assez doux, vous le verrez un jour, d’être l’ombre de soi-même. De se dire que les autres n’ont pas réussi à vous modifier.

Ils (mes enfants) m’ont empoisonné ma vie ; je ne les laisserai pas me gâcher ma mort.

Les heures de bonheur, on les a pour la vie, mais les heures perdues ne se rattrapent jamais.

Il marche à petits pas comptés, appuyé sur son parapluie, s’intéressant à tous les détails de la rue pour donner des raisons flânantes à sa lenteur.

Il (mon fils) m’apprendra les choses de son âge ; il est temps que je devienne son élève – on sera entre hommes.

On sous-estime toujours le pouvoir d’indifférence des gens.

J’ai mal aux autres......

Ce n’est pas le drame, la mort ou l’égoïsme qu’elle retient de mon histoire. C’est la complicité, la tendresse pudique, le respect mutuel, la passion transmise ; la fidélité à une mémoire à travers l’entretien d’une voiture.

Comme les mots viennent bien quand on vous tend l’oreille. Comme les malentendus se dissipent et comme tout est facile dès qu’on est en confiance.

Moi qui suis musulmane obligatoire, c’est marqué sur mon passeport : sunnite de naissance !

Les larmes ont lézardé sa voix sans monter jusqu'à ses yeux.

- Ca se dit encore « tape-cul » ?
- Ca se dit, mais ça désoblige

Tuesday, April 18, 2006

Brèves. Encore pour le plaisir...

J’ai l’habitude de lire avec les mains. Je repère d’un trait les phrases que j’aime, qui me parlent, qui m’émeuvent, qui me font réfléchir, qui me charment. Pour une simple virgule bien placée, une image, une formule, une sonorité, un contenu, un souvenir, une envie, un désir, un souhait, un sourire qu’elles font naître.
Ca me prend du temps. C’est certainement pour cela que je lis finalement assez peu. Un blog, ça donne des nouvelles idées : les écrire d’affilée et revivre ainsi en concentré les meilleurs moments. Ca prend du temps aussi. Je risque de lire de moins en moins. Sauf si c’est une dernière.





… l’armoire du couloir qui gémit quand on marche à proximité…

Il faut avoir senti en soi la montée du suicide, cette fusion froide, cette boule de courage qui enfle et qui durcit jusqu'à étouffer l’idée même de lâcheté, pour apprécier le pouvoir incroyable du supplément de vie qu’on s’accorde. Je ne crois plus que je me tuerai. Mais je ne regrette pas de m’être approché si près de la glace noire. Je me revois, de nouveau. Je me reconnais. L’amour est plus fort que la perte de l’amour. Si jamais Ingrid me revenait, un jour c’est la seule leçon que je veux retenir de ma descente aux enfers.

C’est si rare un homme qui écoute ; presque aussi rare qu’un homme qui retient.

Elle se dérobe et, à la fois, elle voudrait que je comprenne ce qu’elle n’arrive pas à avouer.

J’aurais voulu … partager le désarroi qu’elle me tend, au lieu de lui assener l’optimisme aveugle et péremptoire qui trop souvent me sert de masque.

Beaucoup de filles sont des fées qui s’ignorent ; elles ne savent pas qu’elles sont magiques. Dieu le a mises sur terre pour qu’on les réactive. Un peu comme ses espions que les russes nous envoyaient : ils leur avaient lavé le cerveau pour qu’ils soient amnésiques, qu’ils oublient leur rôle, qu’ils croient en leur fausse identité, et puis un jour on leur dit au téléphone un mot de passe qui les réveille, alors ils accomplissent la mission pour laquelle on les a programmés.

La nymphette hollandaise me promène sa langue d’une lèvre à l’autre, le regard filtrant. Je décalotte la bouteille de champagne en me demandant lequel j’ai le plus envie d’éborgner.

On l’avait aimé … pour sa générosité d’égoïste, son indifférence qui était peut-être une forme de respect, une refus d’attacher les autres par leurs sentiments….

Mes mots reprennent possession de la chambre ; je parle aux meubles qu’on a choisis ensemble, à la robe rouge sur la chaise, au miroir où je ne la verrai plus jouir, à la nuque immobile sur l’oreiller….

Les mots s’enfoncent au creux de la taie.

Le bonheur, on l’a eu. Le sexe, on était bien obligés d’arrêter un jour ou l’autre, de toute manière…A quoi veux tu qu’on dise « encore » ? A l’habitude, au confort, au sur place ? On ferait comme tous ces couples qui attendent que les enfants soient grands pour vivre autre chose ? On ne mérite pas mieux que ça ?

Je veux que tu sois libre, c’est tout.

Au troisième rond-point, je sens du chaud sous mes fesses et dans mes reins : il a branché la résistance de mon siège, comme l’indique le voyant sur le tableau de bord. Il me préchauffe.

La déception a basculé dans une nostalgie de plus : le regret de n’être pas allé plus loin, le soulagement de n’avoir rien gâché de cette relation si dense et si virtuelle, où les banalités n’ont pas eu le temps de combler le vide, de creuser la distance.

Si Ingrid ou moi quittons le domicile conjugal, le petit aura perdu sa seule supériorité sur ce meilleur ami qu’il s’est choisi comme on porte un cilice.

Le chat ronronne en se frottant contre mes jambes. Ce n’est pas de la tendresse; il a faim.

Brèves. Juste pour le plaisir...

Depuis que j’ai rencontré son doux regard et bavardé quelques instants avec Didier van Cauwelaert un soir de Janvier de cette année, je m’étais dit qu’il fallait rouvrir un de ses livres. Ce soir là, après, j’ai délaissé une fois de plus mon hôtel pour aller chez Alain et Michou. Elle m’a tendu « L’éducation d’une fée ».

Voici comment j’ai envie de vous raconter l’histoire... avec par ordre d'apparition en scène:


Absorbée dans sa conversation portable...

…une agitation d'exode….

…une meute implorante…

Je ne m'adresse qu'aux yeux bleus, aux soleils de détresse et d'insomnie qui marquent ses paupières.

C'est le rôle que le drame la force à tenir qui lui est insupportable

Je laisse passer un kilomètre de silence avant de lui répondre.

Cet homme prend des forces en moi, chaque fois qu’il me regarde, tandis que je passe ses achats au décodeur magnétique; des provisions de vie, de jeunesse ou de joie.

Elle était le rêve de femme que je poursuivais de brouillon en brouillon.

Ce fantôme sans abri, ce garçon qui aurait le même âge que moi s’il n’était tombé au champ d’horreur, comme disait le petit.

…cette victime du devoir ou des tentations…

Elle a un maquillage de cinéma muet, des cheveux très noirs laqués entre parenthèses au dessus du menton, comme pour dissimuler ses joues…

Je tends ma carte bleue en détournant la tête, pour ne pas montrer à une autre les larmes que j’ai retenues devant Ingrid.

Peut-être qu’il s’invente une vie différente, à chaque fois, dans mes yeux, le temps d’un passage en caisse.

Je sèche des heures sur une phrase que finalement je dilue avec mes larmes… ; je regarde les mots finir en flaques.

A quoi penses tu, mon amour, de l’autre côté du mur, dans l’insomnie qui nous unit ?

Plus encore que le doute, la parano me crucifiait.

A l’heure de la sieste, dans la touffeur de mon bureau….

C’était de ma part une maladresse d’avoir remplacé le fantasme à distance par l’étalage à domicile.

Même la solitude ne voulait plus de moi.

Je n’avais plus rien à dire aux arbres qui ne me parlaient pas.

Je ne dispose d’aucun autre argument que la foi, ce mot qui, en français, semble n’avoir que deux sens : illusion ou intégrisme.

Friday, April 07, 2006

Vous allez vite trouver...

Je quitte le navire.
Je pars en vacances dans une république quasi-bananière (allez restons gentille) qui part à vau-l'eau (à prendre au sens figuré, càd qui se perd, et si il y en a qui veulent bien se donner la peine de donner l'origine de cette expression il ne faut surtout pas qu'ils se gênent) ce qu'on essaie de cacher en faisant du window-dressing, où l'on confond gestion de sa carrière et gestion de son pays (par peur d'être élu avec des voix de gauche, on donne un grand coup de barre à droite histoire de dépasser son "meilleur ami" par la tangente et on balance une réforme dont l'ambition n'est autre que de récupérer ces si précieuses voix de droite, alors que le le patronat n'avait rien demandé d'abord -la preuve ils ont été au courant deux jours après-), où la notion de service est parfois usurpée* (je sers donc je me sers), où le nombrilisme politique n'a d'égal que la peur du qu'en dira t’on dans le microcosme (bon d'accord, c'est pas vrai pour tous), où...

Non, j'arrête... je pars en vacances!

Charlotte, trop contente malgré les apparences et qui, si elle était en deuxième semaine s’amuserait bien à faire un lien …

* j'aime les euphémismes

Thursday, April 06, 2006

Thought of the day

"On ne part pas a Allicante sans son maillot de bains"

Pseudo a la fin

Hello my darling !

Et c'est comme ça tous les matins depuis 3 ans...

Hello charming!
Hey beautiful!
You are late today...
You look great today, do you have a date tonight?
What's happening with you? Something is going wrong...
Hey love!
Off to France again?

On se parle entre 2 et 30 secondes. Il est là tous les jours, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il grêle, ou comme ce matin, que la lumière encore un peu blanche du soleil annonce enfin un printemps qui se fait attendre...

Son regard bleu a la profondeur des yeux qui savent, qui percent, car ils ont déjà beaucoup vu, vécu.
J'ai parfois l'impression qu'il me connaît mieux que moi-même.

Il est là, il m'attend.
Il nous attend.

C'est mon vendeur de journaux.

Wednesday, April 05, 2006

Thought of the day

Il est plus difficile d'etre un heros pour son valet que pour son biographe.

John Dafoe

Tuesday, April 04, 2006

Thought of the day

"La jeunesse est une ivresse continuelle. c'est la fievre de la sante, c'est la folie de la raison"
La Rochefoucauld

Sunday, April 02, 2006

Done !

J'avais dit (et même écrit) que je n'aurais jamais de blog. C'était compter sans le petit Nicolas...
Oh! pardon...à 14 ans, on n'est plus petit, mais tu sais, il paraît que ce qui est bien, quand on a un blog, c'est de raconter la réalité autrement, alors, tu vois, je m'y mets tout de suite...
Donc la rencontre avec le petit Nicolas dont j'ai refait la connaissance ce week end (non, mais parce que la dernière fois, tu étais vraiment un petit Nicolas, tu sais...) devant sont ordinateur portable fut ... fatale.
Alors, évidemment, comme le petit Nicoals a aussi un blog, ça nous a fait un sujet de conversations ou plutôt d'actions...
10 minutes après, j'avais mon blog... Comme je venais de noter le matin même une phrase lue dans un couloir de métro dans mon petit carnet, je me suis dit qu'elle me servirait de premier billet...
Tout s'est passé si vite que je ne sais pas ce que sera ce blog. Je n'ai aucun projet concernant ce blog. Ca ne me ressemble pas, car j'aime la congruence.
Je sais juste ce qu'il ne sera pas.J'ai un blog. Voila.

Evidemment, quand j'ai decouvert, ce soir, chez les Carbo, la une du Elle Paris d'Avril/Mai 2006 ("Blogomania, vous aussi, faites votre blog en 5 clics")* je me suis demandée si je n'étais pas déjà une "has been"...


* c'est là qu'il faudrait mettre le lien avec la une du Elle Paris, je sais, mais je ne sais pas encore très bien le faire. Ce n'est pas tres joli, alors, je vous le donne en bas de page...
http://www.journaux.fr/revue.php?id=99124

Et puis, si vous êtes curieux, on y parle aussi de toutes sortes de choses intéressantes dans ce numero, de toutes sortes de gens, enfin c'est une autre histoire...

Saturday, April 01, 2006

Papillons amoureux

Juliette se languit...Attendant le papillon de sa vie.
Comment le rencontrer?
Les papillons femelles comme Juliette possèdent un atout irrésistible : leur propre parfum.
Oh! juste un soupçon de molécules appelées "phéromones" émises dans l'air.
De leur côté les papillons mâles ont deux antennes réceptrices remarquables. Véritable nez elles peuvent capter ces molécules et déterminer leur provenance. Pas d'erreur possible, un mâle reconnait seulement les phéromones des femelles de son espèce.

Station Réaumur Sébastopol, 12h10