Humiliée….
De plus en plus, j’aime une œuvre pour un instant, comme on se souvient d’un week-end pour un moment, d’un film pour une ou même deux scènes, comme dans Marie-Antoinette, par exemple …: les pleurs versés par cette reine qui est si femme, après avoir claqué la porte de sa chambre, accroupie dans sa rage mais aussi derrière la porte, ou ce regard satisfait du devoir accompli qui accompagne cette main tendue remplie d’un bébé qu’elle offre à son roi devenu enfin père….(Oups, d’en parler si vite me gâcherait peut-être le souvenir, tant pis c’est fait et ce n’est pas raconter le film, car ça j’ai dit que je ne le ferai jamais :) )
Ce soir, je veux me souvenir de Katerina Ismailova, à moins que ce ne soit de Eva Maria Westbroek, au moment où elle dégueule sur scène.
Elle a le cœur bafoué, car elle a tout donné.
Oh, ce n’est pas une sainte……… elle vient de participer au meurtre de son mari et vient d’épouser son amant.
Mais, c’est vrai qu’elle l’aime.
La preuve : alors que le froid sibérien glace leurs os dans le camp où ils croupissent puis qu’ils ont été découverts, elle vient de lui donner ses bas en laine pour soulager un soi-disant mal de jambes.
Alors, quand elle comprend que ces bas sont destinés à la nouvelle conquête/proie de son ex amant devenu mari, la rage l’emporte. Et c’est bien joué. Très bien. Mais, c’est, si j’ose dire juste bien joué.
Mais quand Sonyetka, se trémousse devant elle, les jambes bien au chaud dans ses bas en laine et lui explique qu’entre temps, Serguei s’est bien occupée d’elle, Eva Maria dégueule.
En plein milieu du Royal Opera House.
Elle a mal comme quelqu’un qui a tout donné.
Elle est déchirée de l’intérieur.
Et ce moment est un instant de pure émotion.
Ca se passe de commentaire.
Mais, Madame, votre émotion pendant nos applaudissements, fut la nôtre.
Si vous voulez vraiment comprendre l'histoire.
[Pour moi -même : je suis allée à l'opéra toute seule ce soir. J'avais envie d'être seule avec mon amour grandissant de l'opéra.
Et, va savoir pourquoi, je suis arrivée en retard. On ne fait pas entrer, normal, mais on nous fait asseoir dans les fauteuils rouges de la crush room que j’aime tant devant un écran pas trop géant.
Et là, ils se mettent à se lever les uns après les autres pour aller chercher une coupe d’eau ou de champagne à leur belle.
Shit, j’ai soif moi aussi.
Je finis par me décider, me lève, traverse le bar - que si vous ne le connaissez pas et si vous n’aimez pas l’opéra mais l’architecture, ça vaut le déplacement, mais j’arrête sur l’architecture, j’ai déjà donné - et là, donc, après avoir réglé ma ‘tite coupe, je m’entends dire, « Another one, please ».
C’est dingue ces évidences, qui vous poussent de l’intérieur et qui sont irrésistibles.
Bon, là j’ai l’impression de faire un billet dans un billet - comme si je rattrapais ce temps où je me suis tue -
Eh bien, je me souviendrai aussi pendant longtemps des yeux écarquillés de la toute jeune femme passionnée d’opéra chanteuse et joueuse de flûte et de piano arrivée elle aussi, seule et en retard, ce dernier soir de ce Septembre 2006.....]
Dites, vous croyez qu'ils m'ont contaminée?
Ce soir, je veux me souvenir de Katerina Ismailova, à moins que ce ne soit de Eva Maria Westbroek, au moment où elle dégueule sur scène.
Elle a le cœur bafoué, car elle a tout donné.
Oh, ce n’est pas une sainte……… elle vient de participer au meurtre de son mari et vient d’épouser son amant.
Mais, c’est vrai qu’elle l’aime.
La preuve : alors que le froid sibérien glace leurs os dans le camp où ils croupissent puis qu’ils ont été découverts, elle vient de lui donner ses bas en laine pour soulager un soi-disant mal de jambes.
Alors, quand elle comprend que ces bas sont destinés à la nouvelle conquête/proie de son ex amant devenu mari, la rage l’emporte. Et c’est bien joué. Très bien. Mais, c’est, si j’ose dire juste bien joué.
Mais quand Sonyetka, se trémousse devant elle, les jambes bien au chaud dans ses bas en laine et lui explique qu’entre temps, Serguei s’est bien occupée d’elle, Eva Maria dégueule.
En plein milieu du Royal Opera House.
Elle a mal comme quelqu’un qui a tout donné.
Elle est déchirée de l’intérieur.
Et ce moment est un instant de pure émotion.
Ca se passe de commentaire.
Mais, Madame, votre émotion pendant nos applaudissements, fut la nôtre.
Si vous voulez vraiment comprendre l'histoire.
[Pour moi -même : je suis allée à l'opéra toute seule ce soir. J'avais envie d'être seule avec mon amour grandissant de l'opéra.
Et, va savoir pourquoi, je suis arrivée en retard. On ne fait pas entrer, normal, mais on nous fait asseoir dans les fauteuils rouges de la crush room que j’aime tant devant un écran pas trop géant.
Et là, ils se mettent à se lever les uns après les autres pour aller chercher une coupe d’eau ou de champagne à leur belle.
Shit, j’ai soif moi aussi.
Je finis par me décider, me lève, traverse le bar - que si vous ne le connaissez pas et si vous n’aimez pas l’opéra mais l’architecture, ça vaut le déplacement, mais j’arrête sur l’architecture, j’ai déjà donné - et là, donc, après avoir réglé ma ‘tite coupe, je m’entends dire, « Another one, please ».
C’est dingue ces évidences, qui vous poussent de l’intérieur et qui sont irrésistibles.
Bon, là j’ai l’impression de faire un billet dans un billet - comme si je rattrapais ce temps où je me suis tue -
Eh bien, je me souviendrai aussi pendant longtemps des yeux écarquillés de la toute jeune femme passionnée d’opéra chanteuse et joueuse de flûte et de piano arrivée elle aussi, seule et en retard, ce dernier soir de ce Septembre 2006.....]
Dites, vous croyez qu'ils m'ont contaminée?

3 Comments:
At 11:37 AM,
Monsieur Jean said…
C'est beau... surtout après l'édit.
At 9:33 AM,
C'est la vie said…
La sa...ope !!!!
At 6:39 PM,
Charlotte said…
> c'est la vie
Vous faites dans le raffinement!
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